Collaborations public-privé pour la smart city

La smart city repose sur l’interconnexion des fonctions urbaines et se déploie grâce à la coordination des actions des différents acteurs du territoire, publics et privés. Ensemble, ils portent une dynamique d’innovation globale, durable et transversale. Dans ce contexte, les collaborations public-privé offrent aux collectivités les moyens de profiter de produits ou services innovants ainsi que de compétences de pointe, et de partager les coûts d’investissement avec des partenaires privés. Une coopération public-privé, comment ça marche ? Abylon se penche sur le sujet et partage avec vous quelques exemples d’initiatives innovantes fondées sur des partenariats entre collectivités territoriales et entreprises.

 

Les 3 principes d’une coopération public-privé réussie dans la smart city

La collectivité assure le pilotage du projet. Le projet est défini en coopération avec le partenaire privé. Cependant, c’est la collectivité qui est compétente pour embarquer les agents, qui porteront le projet pour le territoire, les parties prenantes (associations, institutions, start-ups…) qui interviennent sur la définition ou la mise en œuvre du projet et les citoyens, qui en seront les bénéficiaires. C’est aussi elle qui assure le suivi des objectifs de performance grâce à des dispositifs pensés en amont. L’appui d’un cabinet de conseil spécialisé dans les méthodes de pilotage est souvent une force pour coordonner des acteurs multiples.

La donnée produite ou collectée est mise au service des habitants. En conservant la maîtrise des données produites ou collectées, la collectivité remplit son rôle de protection des citoyens. Elle peut par ailleurs s’appuyer sur l’open data pour favoriser l’innovation. 

L’interopérabilité et la réversibilité des choix technologiques. En optant pour des services interopérables et réversibles, la collectivité s’assure que ses choix d’aujourd’hui lui permettront d’adapter ses services aux innovations de demain. Ainsi, la transformation de la ville s’inscrit dans la durée.


 

Quel partenariat pour favoriser l’expérimentation et l’innovation ?

Les outils traditionnels de la commande publique (marché public, délégation de service public, contrat de partenariat) ne permettent pas toujours de répondre au besoin d’innovation et d’expérimentation de la smart city. Pour développer des initiatives smart city au profit de leurs habitants en partenariat avec des acteurs privés, les collectivités peuvent s’appuyer sur différentes modalités juridiques : 

  • Le partenariat d’innovation : cette formule contractuelle spécifique présente l’avantage de mieux intégrer les phases de R&D au projet et l’acquisition de produits ou services innovants.  
  • Le “bac à sable réglementaire” : très souple, cette solution consiste, pour la collectivité territoriale, à donner l’autorisation à des acteurs privés de tester leur technologie ou service innovant sur son territoire. Ce test a alors lieu pour une durée limitée et sans les contraintes de certains cadres réglementaires. C’est ainsi que l’Arcep a autorisé Vedecom d’utiliser une bande de fréquence à Versailles pour tester des véhicules connectés.  
  • Des plateformes d’accompagnement : la collectivité peut aussi choisir d’apporter une aide logistique aux porteurs de projets et de créer un espace d'échanges entre les entreprises innovantes du territoires. C’est ce qu’a fait la ville d’Angers avec le PAVIC (Projet Angers Ville Intelligente et Connectée). 
  • Les sociétés d’économie mixte locale : ce type d’organisation facilite la coordination entre les acteurs et met en place un tiers de confiance, notamment en matière de gestion des données. Par exemple, Issy-les-Moulineaux a créé la société Issy Média pour porter l’innovation numérique de la ville.  

 

De la Bretagne au Danemark : deux initiatives smart city développées grâce à des partenariats public-privé

Saint-Sulpice-la-Forêt : un partenariat pour réduire la consommation énergétique de la commune

Confrontée à de fortes augmentations de sa facture énergétique, la commune de Saint-Sulpice-la-Forêt initie en 2015 un partenariat avec deux start-ups et l’Agence locale de l’énergie et du climat. Des capteurs de consommation d’eau, de gaz, d’électricité, de température et d’humidité sont installés dans six bâtiments administratifs de la commune. Le projet a été facilité par Rennes Saint-Malo Lab, un living lab qui organise l’expérimentation de solutions innovantes sur les territoires des métropoles de Rennes et Saint-Malo. Trois ans après la mise en place du dispositif, le “smart village” avait enregistré une réduction de 20% de la consommation énergétique des bâtiments.

Copenhague : un guichet unique de données

La capitale danoise s’est fixé d’atteindre un bilan carbone neutre d’ici 2025. Pour remplir cet objectif, elle a adopté la solution “City Data Exchange” développée par le groupe japonais Hitachi. Cette place de marché de la data réunit les données de partenaires publics et privés provenant de toute la région de Copenhague. Les données sont fournies de manière anonymes, sans traitement préalable. La ville les utilise ensuite pour développer de nouveaux services, à l’instar d’applications destinées aux entreprises ou citoyens pour visualiser leur consommation d’énergie ou calculer leur empreinte carbone afin de la réduire. De cette manière, la ville donne les moyens aux habitants et entreprises d’être acteurs, à leur niveau, de la lutte contre le réchauffement climatique. 

 

Réduction de la consommation d’énergie, facilitation de la consultation citoyenne, incitation à opter pour des modes de vie plus verts… l’éventail de projets qui peuvent être portés par une collaboration public-privé est très large. En construisant des partenariats avec des acteurs privés, les collectivités territoriales peuvent bénéficier d’innovations et de compétences de pointe dans leur transformation en smart city.