urban-trees

Préserver et renforcer la biodiversité en ville

Alors que l’urbanisation croissante du monde est l’une des causes de l’effondrement de la biodiversité, les villes sont aujourd’hui actives dans la préservation du vivant. Elles tentent, par divers moyens, de régénérer la biodiversité sur leur territoire. Limiter l’artificialisation des sols, promouvoir la création d’espaces verts, préserver les habitats naturels des espèces… les moyens d’action à leur disposition sont multiples. Néanmoins, deux conditions semblent nécessaires pour que les villes puissent participer à la préservation de la biodiversité : penser le territoire comme un écosystème, au-delà des limites administratives, et s’appuyer sur une participation citoyenne active.

 

Freiner l’extension des aires urbaines

Chaque année, 20 000 hectares du territoire français sont artificialisés. Cette dégradation des écosystèmes est l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité. Pour freiner l'artificialisation des sols dont les effets sont néfastes pour les espèces présentes, certaines communes françaises ont pris des mesures fiscales : modulation des taxes foncières et locatives pour diminuer le nombre de logements vacants ou enrayer le développement des résidences secondaires, interdiction de l’extension de zones commerciales… Au niveau national, le Plan Biodiversité adopté en 2018 a pour ambition d’atteindre une “artificialisation nette” de 0 à l’horizon 2030. En d’autres termes, l’artificialisation de nouveaux sols devra être compensée par la renaturation d’autres sols. Ce processus est possible mais coûteux (jusqu’à 400€/m2) et éminemment plus complexe que l’artificialisation : les écosystèmes se détruisent bien plus vite qu’ils ne se reconstruisent. D’où l’importance de donner la priorité à l’optimisation des espaces déjà bâtis.

 

Renforcer les espaces verts existants

De nombreuses collectivités territoriales françaises sont d’ores et déjà engagées dans la valorisation de leurs milieux aquatiques et terrestres. Elles sont actives dans la restauration d’un habitat sain pour la faune et la flore. Les leviers d’actions sont nombreux : 

  • Une politique zéro pesticides dans la gestion des espaces verts publics. C’est le choix de la ville d’Angers qui a réduit de 90% son utilisation de produits phytosanitaires. Aujourd’hui, les espaces verts occupent 14% du territoire de la ville et 5% du budget municipal leur sont alloués. 
  • Une augmentation de la surface d’espace vert par habitant. La majorité des villes françaises ont pris conscience de l’importance de la préservation de l’environnement : on compte désormais 11 arbres pour 100 habitants dans les 50 plus grandes villes en France, contre 9 en 2017.
  • La prise en compte des besoins de la faune et de la flore dans la gestion des espaces. Renforcer la biodiversité, c’est aussi faire de la faune et de la flore des habitants de la ville à part entière. Faire le choix d’entretenir les parcs en éco-pâturage, installer des radeaux végétalisés pour préserver la biodiversité aquatique… les solutions sont variées. Par exemple, la ville de Toulouse a cessé de tondre les rivages du Canal du Midi pour sécuriser les habitats naturels des insectes. 

 

Favoriser les interactions entre espèces

Remettre de la verdure en ville n’est pas suffisant pour préserver la biodiversité et renforcer la durabilité des écosystèmes. Un autre ingrédient est nécessaire : favoriser les interactions par la connexion des différents espaces. La mise en place de corridors écologiques aide les espèces à se déplacer aisément. La présence d’animaux est bénéfique à la flore, et inversement. C’est pour cette raison que 68% des villes entretiennent désormais leurs espaces verts en éco-pâturage, un chiffre qui a doublé en deux ans. Les frontières administratives ne sont pas celles des écosystèmes. La préservation de la biodiversité ne relève pas de la seule responsabilité des communes. Elle sera d’autant plus efficace qu’elle s’inscrire dans un cadre territorial plus large, par exemple les schémas de cohérence territoriale (SCoT) des intercommunalités. Ainsi, les collectivités peuvent mettre en place un continuum d’action entre territoires urbains, périurbains et ruraux

 

Sensibiliser les citoyens 

Avec des actions de sensibilisation à l’environnement et aux mesures mises en place pour le préserver, les citoyens sont impliqués dans la démarche. Ils peuvent ainsi en devenir les acteurs ou les ambassadeurs. Les citoyens sont demandeurs de tels projets : 40% des projets arrivés en tête de vote sur le site lesbudgetsparticipatifs.fr sont liés à l’environnement. Les français se sentent concernés par ces problématiques et les collectivités peuvent s’emparer de cet engouement pour relever le défi de la préservation du vivant.