Vivatech : Comment mettre la technologie au service d'une vision? #tech4good

Du 16 au 18 mai, nous étions présents à Viva Technology pour découvrir les dernières tendances de l’innovation et de la tech. Ce que nous en avons retenu ?  L’insistance de tous les participants à remettre l’humain au coeur de la technologie.

La Tech4Good à l’honneur

Cette année, start-up et grands groupes ont démontré leur volonté de mettre la technologie et l’innovation au service du bien commun. Trois initiatives de la Tech4Good ont attiré notre attention :

Pour rendre la ville plus inclusive, la start-up StreetCo, présente aux côtés de La Poste, propose une solution GPS collaborative destinée à faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite. Selon le profil de l’utilisateur (en fauteuil, en béquilles ou avec poussette), l’application propose l’itinéraire le plus adapté pour se rendre à destination et chacun peut signaler sur la carte les obstacles potentiels.

Côté recyclage, LemonTri offre un modèle innovant : une gammes de bacs et de machines intelligentes pour mieux trier et recycler nos déchets lorsque nous sommes en dehors de notre domicile. Cerise sur le gâteau, la start-up emploie des personnes en insertion professionnelle pour la collecte de ces déchets. Une jolie façon de conjuguer l’impact environnemental au progrès social.

Enfin, Ergosanté faisait une démonstration de son exosquelette Shiva. Développé en partenariat avec la SNCF, il est destiné à soulager les employés des troubles musculo-squelettiques causés par des positions de travail pénibles : maintenir les bras en hauteur, porter de l’outillage, travailler au plafond. Cet exosquelette se porte à la ceinture pour assurer une aide à la charge et un maintien des cervicales. La start-up française vise ainsi l’amélioration des conditions de travail dans le secteur des transports mais aussi l’industrie lourde et la construction.

 

Impliquer le citoyen grâce au digital

Si le secteur privé s’affirme dans la Tech4Good, les acteurs publics cherchent quant à eux à rendre le citoyen acteur des transformations de la société.

Invitée à VivaTech, la ministre suédoise de l’innovation Stina Billinger, présentait une initiative qui nous a beaucoup intéressés. Pour réussir le pari ambitieux d’en finir avec les énergies fossiles d’ici à 2045, la Suède ne mise pas uniquement sur le développement de sources d’énergie décarbonée, mais aussi sur l’implication des citoyens. “Nous devons inclure les citoyens” affirme la ministre : les informer, leur donner envie de réussir la transition énergétique est aussi important que toutes les innovations technologiques possibles.

Et pour cela, Stina Billinger présentait Panorama : un tableau de bord partagé entre l’Etat, les citoyens et les entreprises pour mesurer et visualiser l’avancement de la Suède sur le chemin de la transition énergétique. Développé par la start-up ClimateView, Panorama compile données d’émissions de gaz à effet de serre, solutions potentielles, nouvelles réglementations ainsi qu’un espace participatif. Cet outil commun permettra à chacun de suivre et de s’impliquer dans la transition énergétique. Un mode de gouvernance innovant qui s’appuie sur le digital … on attend avec impatience de voir les résultats !

 

Intelligence humaine ou artificielle ?

Entre l’essor de la Tech4Good et la volonté du secteur public d’engager les citoyens dans la construction du futur de nos sociétés, VivaTech est loin des scénarios déshumanisés de la série Black Mirror. Cependant à l’heure où c’est une intelligence artificielle qui présente le journal télévisé de la chaîne d’information News China, la question se pose : l’intelligence artificielle finira-t-elle par supplanter l’intelligence humaine ? Jack Ma, fondateur d’Alibaba se veut rassurant et répond dans une intervention destinée à inspirer les entrepreneurs : “Ne vous inquiétez pas trop pour ça, les machines n’ont pas de rêve, les êtres humains, si ! On a besoin de rêves pour construire le futur. ».

 

Le milliardaire chinois nous rappelle ainsi que les perspectives offertes par le numérique sont énormes et qu’il ne tient qu’à nous de les utiliser à bon escient. Rappelons tout de même que le digital s’appuie sur des objets et des infrastructures bien physiques, qui consomment des ressources pour leur production et leur utilisation  au quotidien. Gardons en tête l'impact carbone de toutes ces nouvelles technologies afin d'intégrer ce point de vigilance dans la construction de toute vision !

Zoé Rousset Torrente

Consultante Senior

zoe.rousset-torrente@veolia.com